2.1 Analyse de la Valeur Actuelle Nette
L'impact budgétaire central est calculé comme la différence des positions budgétaires nettes fédérales entre les deux régimes de gestion, actualisée à la valeur actuelle.
Ce rapport étudie les implications budgétaires pour le gouvernement fédéral américain de la transition des pêcheries commerciales des systèmes de gestion traditionnels vers les parts de capture (également appelées Quotas Individuels de Pêche ou Programmes de Privilèges d'Accès Limité). La question centrale est de savoir si les parts de capture représentent un investissement public judicieux, en quantifiant leur impact potentiel sur le déficit fédéral à l'aide d'une analyse de la Valeur Actuelle Nette (VAN).
~165 M$
Réduction estimée du déficit fédéral suite à la conversion des pêcheries étudiées.
890 M$ - 1,24 Md$
Réduction potentielle du déficit en VAN si 36 des 44 pêcheries fédérales adoptent les parts de capture.
1. Augmentation de la Rentabilité & des Recettes Fiscales
2. Récupération des Coûts auprès des Participants
La gestion par parts de capture attribue à des individus ou des groupes des privilèges pour prélever une partie de la Capture Totale Autorisée (CTA) scientifiquement déterminée d'une pêcherie. Bien que promue pour sa durabilité écologique et économique—réduisant la surpêche et augmentant les revenus par bateau—son impact direct sur les finances publiques a été peu examiné. Cet article comble cette lacune, analysant les effets budgétaires dans un contexte d'efforts accrus de réduction du déficit.
Contexte Clé : La transition implique souvent des changements économiques, y compris une consolidation potentielle des emplois et des modifications des débarquements dans les ports, créant des gagnants et des perdants localisés (Branch, 2008 ; Costello et al., 2008).
L'étude utilise une analyse comparative contrefactuelle, évaluant les pêcheries dans des scénarios de gestion par parts de capture et de gestion traditionnelle.
L'impact budgétaire central est calculé comme la différence des positions budgétaires nettes fédérales entre les deux régimes de gestion, actualisée à la valeur actuelle.
Pour chaque pêcherie, l'analyse construit deux scénarios parallèles : l'un supposant une gestion par parts de capture et l'autre une gestion traditionnelle (utilisant des outils comme l'accès limité, le contrôle de l'effort de pêche et les CTA), indépendamment de l'état actuel réel de la pêcherie.
L'analyse de deux pêcheries existantes sous parts de capture et de deux pêcheries sous gestion traditionnelle estime une réduction potentielle combinée du déficit fédéral d'environ 165 millions de dollars en VAN suite à la conversion aux parts de capture.
La réduction du déficit découle de deux mécanismes principaux :
En extrapolant à partir des études de cas, l'analyse suggère que si 36 des 44 pêcheries fédérales américaines adoptaient les parts de capture, le déficit fédéral pourrait diminuer d'un montant estimé entre 890 millions et 1,24 milliard de dollars en VAN. Cette projection souligne le potentiel évolutif significatif de ce changement de politique.
L'équation fondamentale pour calculer l'impact net sur le déficit fédéral pour une pêcherie unique est :
$\Delta \text{Déficit} = (R_{pc} - C_{pc}) - (R_{gt} - C_{gt})$
Où :
Cet impact par pêcherie est ensuite agrégé et actualisé en une Valeur Actuelle Nette :
$\text{Impact VAN} = \sum_{t=0}^{T} \frac{\Delta \text{Déficit}_t}{(1 + r)^t}$
où $r$ est le taux d'actualisation et $T$ est l'horizon temporel de l'analyse.
Scénario : Évaluation de la conversion hypothétique de la "Pêcherie A de l'Atlantique Nord".
Cet article ne traite pas seulement de poissons ; c'est un remaniement astucieux de la politique environnementale en austérité budgétaire. Les auteurs ont identifié un levier politique puissant : présenter les parts de capture non pas simplement comme un outil écologique, mais comme un instrument de réduction du déficit. À une époque de rigueur budgétaire, cela déplace le débat de la "réglementation environnementale coûteuse" vers l'"investissement public rentable". L'impact projeté de plus de 1 Md$ en VAN est l'accroche conçue pour résonner dans les commissions des crédits du Congrès bien plus que ne le pourraient jamais les indicateurs de reconstitution des stocks.
L'argument est économiquement élégant mais repose sur une chaîne de causalité critique : Parts de Capture → Augmentation de la Rentabilité → Recettes Fiscales Plus Élevées. Le premier lien est bien étayé par la littérature (par ex., Costello, Gaines, & Lynham, 2008, dans Science, ont démontré que les QIP arrêtent et même inversent l'effondrement des pêcheries). Cependant, la traduction en recettes fiscales fédérales est une boîte noire. L'étude suppose que les gains de bénéfices se traduisent directement et intégralement en revenus imposables des sociétés ou des personnes physiques, ignorant la planification fiscale potentielle, le réinvestissement ou les structures d'entités pass-through courantes dans la pêche. C'est une hypothèse macroéconomique appliquée à un secteur microéconomique.
Points Forts : L'application de la méthodologie financière standard de la VAN à la politique publique est un atout majeur, fournissant une lingua franca pour les économistes et les décideurs. Le cadre contrefactuel est solide. L'identification de la récupération des coûts comme un facteur budgétaire direct est pertinente et souvent négligée.
Faiblesses Flagrantes : L'éléphant dans la pièce est l'impact distributif. L'article évoque brièvement les "emplois à temps plein moins nombreux" et les changements portuaires, mais dissocie totalement ces coûts sociaux du calcul budgétaire. Si la consolidation conduit à un chômage régional, l'augmentation des dépenses fédérales pour les allocations chômage ou les subventions d'adaptation communautaire pourrait annuler les gains projetés—un cas classique d'optimisation d'un sous-système (budget fédéral) tout en nuisant au système plus large. Les travaux de McCay et al. (1995) sur les impacts sociaux des systèmes de quotas sont ici gravement sous-pondérés. De plus, la projection d'évolutivité est héroïque, supposant une linéarité là où elle n'existe peut-être pas.
1. Pour les Décideurs Politiques : Utilisez cette étude comme point de départ pour une véritable analyse coûts-avantages qui internalise les externalités sociales. Les programmes pilotes devraient imposer un suivi socio-économique robuste parallèlement au suivi budgétaire.
2. Pour les Partisans : Ce cadrage budgétaire est puissant. Associez-le à des études de cas montrant comment les gains de revenus sous parts de capture peuvent financer des fonds de résilience communautaire ou des rachats de quotas excédentaires pour atténuer les préoccupations d'équité, comme exploré dans l'évolution de la gestion des pêches en Nouvelle-Zélande.
3. Pour les Chercheurs : La prochaine étape cruciale est un modèle dynamique et stochastique. Intégrez la volatilité des stocks de poissons (affectés par le changement climatique, comme noté dans les récents rapports de la NOAA) et des prix du carburant. La VAN actuelle est une estimation ponctuelle ; nous avons besoin d'une distribution de probabilité des résultats. Suivez la rigueur de modélisation observée dans l'économie du climat (par ex., les modèles d'évaluation intégrée).
En conclusion, cet article fournit une perspective budgétaire précieuse et politiquement avisée, mais risque de présenter un mirage technocratique. Le véritable défi n'est pas de prouver le calcul budgétaire—c'est de gérer la transition pour s'assurer que le milliard de dollars d'"économies" n'est pas extrait du tissu social des communautés côtières.